La perle – du tourment à la lumière, par Bertil S.

Imaginons une huître, posée au fond de l’eau. Bercée par l’eau claire et pure, elle semble sereine dans sa simple vie d’animal, calme, quotidienne et recommencée au rythme de la mer.

Puis un jour, un grain de sable s’introduit dans cette huître. Un grain de sable minuscule, qui pourtant lui cause une irritation. Alors que fait l’huître, dans sa sagesse primitive ? Elle commence patiemment à entourer ce grain de sable de nacre, d’un nacre à la fois d’une grande dureté et d’une douceur sublime, qui apaisera la brûlure. Et ainsi, progressivement, naît la perle.

Ce petit grain de sable, n’est-il pas comme ces ennuis, ces désagréments, ces insatisfactions, qui émaillent nos vies quotidiennes ? Nous avons alors le choix entre nous rendre malades d’irritation ou transformer subtilement nos petits tracas et nos grandes douleurs en perles fines. N’y passons nous pas une grande partie de nos vies ?

Et, si nous comparons cette huître à une petite communauté de femmes, d’hommes et d’enfants, quelle qu’elle soit, un petit grain de sable ne peut-il pas s’y glisser de manière invisible au tout début, puis progressivement causer des désaccords, devenir germe de dispute et brûler ses membres, les irriter, les blesser ? Ne peut-il pas, si l’on n’y prend garde, en infecter les tissus fragiles et pervertir les relations en son sein ? Ne peut-il pas provoquer la discorde ?

On peut s’en accommoder, prendre la douleur comme une seconde nature, et laisser entrer la division. Mais le mieux, nous dit l’huître, est d’entourer ce grain de sable, de l’accepter et même de l’aimer, de le regarder en face, puisqu’il est là, comme une réalité, pour mieux lentement s’y confronter et doucement le transformer en perle. Et cela demande à l’huître qu’elle y mette du sien, puisqu’elle doit secréter le nacre à partir de sa propre substance.

Vient alors la perle de la concorde reconstruite, de l’amour retrouvé, de la solidité des relations adultes, de la satisfaction d’avoir su se montrer digne des humains que nous sommes.

Le livre de Daniel Pennac « Chagrin d’école » raconte comment cet enfant en échec scolaire a su dépasser ce blocage qui le poussait sinon à rater sa vie, sans fuir la douleur et en acceptant, comme l’huître ! (on compare souvent le cancre à une huître qui se ferme dès qu’on s’adresse à lui !!)

Une amie, Kozanna, aujourd’hui disparue, transformait la rage de voir les plages maculées en gravures : glyfos !

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