Journal d’Otto Didakt 3 – 10 juillet 1932

Vienne, ce Jeudi 10 Juillet 1932

Je suis depuis quelques semaines penché sur deux problèmes difficiles : la montée du chômage en Allemagne depuis deux ans, qui m’angoisse à un niveau jamais atteint et la dyslogie pathologique aigüe. On sait que cette maladie, qui affecte hélas beaucoup de nos contemporains, est certes d’origine virale, mais qu’elle est déclenchée par une crise d’effroi.

Elle s’attaque en ce moment à plusieurs de mes amis et des membres de ma famille. C’est dû aux circonstances. La DPA est un véritable fléau, à l’éradication duquel je voue tout en énergie, car, dans sa forme aiguë et virulente, elle peut véritablement vous empêcher de vivre normalement et peut parfois vous conduire à la mort.

Quand elle se déclenche, les gens atteints commencent tout simplement par perdre le fil de leurs idées et de leurs discours qui saute pour ainsi dire du coq à l’âne.

Après plusieurs mois d’un labeur acharné, j’ai récemment enfin isolé l’agent pathogène responsable de ces dégradations et fabriquer un premier vaccin qui pourra soulager l’humanité et avant tout l’Autriche et l’Allemagne. Dans le désir de ne mettre personne en danger et dans une abnégation propre aux grands scientifiques, je me suis dans le plus grand secret inoculé le vaccin de ce matin.

Tout va bien. Je me sens très bien. Très bien. Aucun signe alarmant. Je suis heureux que cette recherche aboutisse enfin. Cette horrible maladie est en passe d’être vaincue. C’est un succès. Notamment pour l’équipe d’Autriche, qui voit ainsi ses espoirs récompensés et ses lauriers bien mérités, spécialement en géographie, matière qui demande précision, érudition et concentration. Celle des troupes allemandes à la frontière de l’Autriche m’inquiète depuis une semaine marquée notamment par le retour du printemps sur la moitié sud du pays, avec passage d’averses épisodiques et de plaques d’eczéma sur les jambes et le torse qui nécessite un traitement aux sulfamides. Médicament qui n’est en fait guère efficace contre la dyslogie pathologique aigüe, qui n’a pas encore de remède efficace.

Ce vaccin ne règle visiblement rien.

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